l prend son crayon et ouvre d'un trait assuré l'abdomen. Il prend son temps pour ne pas laisser filer trop vite les papillons de charbon qui roulaient entre les boyaux. Une lettre déploie ses ailes noircies de graphite hépatique, de poudre cancéreuse, de macronodule encré par toute une vie d'attente.
Le visage assoupi du malade fane, ses couleurs dégoulinent et ne reste que du pourpre, puis du noir et du blanc, ses traits s'amenuisent. Il est hors de question de gommer les petites vallées de peau acquises, elles ont suinté toute une vie vers les noyaux des cellules profondes, leur ADN a flotté dans ce liquide de pluie, de rivière, de sel et d'encre.
Ce petit continent va disparaître, ses feuilles de peau trempées du sang fuieront dans les tubes transparents, la pâte rongée par les dents des vers de la terre.
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