des dizaines d’oiseaux noirs
le long du trajet
saupoudrés depuis le ciel
cendré
volent ou regardent
en organes compacts
le train moderne isole l’air dans le corps
en blanc et en bleu clair
des petits moutons à la tête noire
une vieille usine
de l’herbe bien verte, bien gaie
de minuscules fleurs blanches
des blés jeunes
une décharge publique chargée de pneus
le port à marrée basse
avec des bateaux sur le sable
des maisons sous le vent à la façade blanche
au toit gris
au premier étage une vitre fragile
au verre si fin, et derrière
une table, et une bouteille verte, et un broc de céramique.
on traverse de la bruyère en fleurs
des blés
des fougères
les rochers sont sombres
ils donnent leur couleur au sable
on trouve des papillons marrons
des fleurs brûlées dans des touffes d’herbe
des algues jaunes sur les rochers
le sable détrempé se fait une peau
qui respire sous les pieds
des veines dans le sable
l’eau attend, sans couleur, sans mouvement,
des crevettes mordent les pieds dans l’eau
un vieux chien
au long poil blanc et noir
au regard asymétrique
garde les siens
en leur tournant autour
un oiseau crie, de vie ou de mort,
il faut rentrer vers le port
avant le coucher du soleil,
pour les photos
